Accès au logement: de la «sélection», pas de la «discrimination», dit un propriétaire

!PR(Québec) «Je ne peux pas faire entrer une famille avec de jeunes enfants dans un bloc de personnes âgées… On ne fait pas de “discrimination”, mais on fait de la “sélection”.»

Gilles Viel a été «touché» par le récit publié dans Le Soleil de lundi. Celui d’un couple qui se plaint d’avoir de la difficulté à dénicher un appartement parce que les propriétaires ne veulent pas d’enfants. Lorsque nous avions appelé la responsable de la location du logis convoité, elle nous avait ouvertement dit qu’il était inutile que les familles se déplacent pour une visite puisque le logement ne sera pas octroyé à un ménage avec des petits. C’est illégal puisque discriminatoire.

Gilles Viel compatit, même s’il n’est pas concerné par ce cas précis. Il connaît toutefois bien le domaine de la location de logements. Il est propriétaire. De combien d’immeubles? «Suffisamment» pour s’assurer un revenu de retraite agréable, répond-il. «On en a assez pour ne pas demander la charité à personne. Au moins une vingtaine.»

Des locataires, il en a plusieurs. Et il se dit bien sensible à leurs droits. «Tout le monde a le droit de vivre… mais il ne faut pas être naïf», nuance-t-il. «Il faut protéger ses arrières. Il y a deux côtés à une médaille.»

Mauvaises expériences

«On administre en bon père de famille. Avec une espèce de gros bon sens», fait-il valoir. Un «gros bon sens» parfois «chamboulé» par la Régie du logement et la Charte des droits et libertés qui encadrent ce secteur d’activité afin d’éviter les abus et la discrimination.

«On est en mode accueillant… mais on a fait nos classes.» Il revendique ouvertement le droit des propriétaires au libre choix. «Ces immeubles-là, c’est vous qui payez les factures, qui les entretenez. Vous vous assurez que ce soit un milieu de vie agréable, pas tumultueux.»

Sinon, le téléphone sonne, les voisins se plaignent, s’engueulent. «Les blocs appartements, c’est un kaléidoscope de la vie, un échantillonnage, un morceau de planète.»

«Dans nos immeubles, il faut apprendre à se protéger.» Comment? En faisant une première «sélection» au téléphone. «On choisit, sans faire de discrimination», insiste-t-il. «Et on demande des références.»

Il ne promet ensuite jamais un appartement à une personne qui le visite. Jamais. Parmi ceux qui sont intéressés, il fera un autre tri. Lorsqu’il doute, il exige une caution, que quelqu’un se porte garant du bail.

Pourquoi tant d’efforts? Entre autres, afin de séparer les profils: les familles dans un immeuble, les animaux dans un autre, les aînés ensemble. «On essaie d’avoir une certaine homogénéité», explique-t-il, ouvertement.

Si tout le monde a un chien, personne ne peut se plaindre de l’autre. Si les jeunes enfants pleurent, se lèvent, se couchent autour de la même heure dans tous les logis d’une tour, chacun est heureux, selon lui.

De toute façon, enchaîne Gilles Viel, les locataires recherchent souvent l’uniformité. Les retraités, lorsqu’ils arrivent, s’inquiéteraient: «C’est-tu tranquille dans le bloc?» Il répond par l’affirmative. «Est-ce que ces gens-là ont le droit à la tranquillité? Ma réponse, c’est oui.» Donc, pas de jeunes, pas de famille, pas d’étudiants dans les immeubles pour personnes âgées.

Lui-même se vante d’avoir 6 enfants et 11 petits-enfants. Son expérience lui aurait toutefois appris que les locataires d’un certain âge préféreraient un voisinage semblable.

À prendre ou à laisser

Pour maintenir un climat agréable, il va plus loin : «Nos immeubles ont des règlements. Quand ça ne plaît pas… y’a de la place ailleurs.» C’est à prendre ou à laisser.

Des exemples : pas de talons hauts dans les logements aux planchers de bois franc; question de bruit sur la tête du voisin du bas. Pas de patins à roues alignées dans l’appartement non plus.

Obligation, aussi, de fermer son réveil-matin avant de quitter le logement! Une locataire a déjà oublié le sien avant de partir à Rimouski. C’était un appareil qui augmentait le volume progressivement… «J’en ris des fois!»

Certains conflits aboutissent cependant à la Régie du logement. Comme ce jeune qui ne voulait pas baisser le volume de sa musique préférée… Il est finalement parti. Et a eu de la difficulté à se trouver un autre logement, les propriétaires appelant M. Viel pour une référence.

Les dossiers de santé mentale seraient cependant les plus lourds. Il y a eu cette femme quasi parfaite «au début», 40 ans, belle voiture… «Ça a été l’enfer!» Bipolaire, elle changeait ses serrures, remplissait celles de ses voisins de colle.

Mais même s’il déploie plusieurs stratégies afin de «choisir» ses locataires, Gilles Viel convient que les cas problèmes ne sont pas nombreux. «Je considère que 99 % des gens sont des bonnes personnes.

Baptiste Ricard-Châtelain Le Soleil

***

(Quebec) “I just can’t bring a family with young children in a block of elderly…. There is no “discrimination”, but is “selection”.”
Gilles Viel was “hit” by the story published in the Sun on Monday. One of a couple who complained of having difficulty in finding an apartment because the owners don’t want children. When we had called the rental of the coveted logis Manager, she openly told us that it was unnecessary that the families move for a visit since the housing will not be granted to a household with small. It is illegal as discriminatory.
Gilles Viel sympathizes, even if he is not concerned by this case. However, he knows well the area of housing. He is the owner. How many buildings? “Enough” to ensure a nice retirement income, says. “This was enough for not asking the charity to anyone. At least a score.”
Tenants, he has several. And he says he is well aware their rights. “Everyone has the right to live… but do not be naive,” shade. “We must protect its arrears. There are two sides to a medal.”
Bad experiences
“Given as a good father. With a kind of common sense”, he says. A ‘common sense’ sometimes ‘upset’ by the Régie du logement and the Charter of rights and freedoms governing this sector of activity in order to avoid abuse and discrimination.
“We are welcoming mode but we did our classes.” He openly claims the right of owners to free choice. “These buildings, it is you who pay the Bills, which maintain them. You ensure that either a pleasant, not tumultuous environment”.
Otherwise, the phone rings, the neighbors complain, will argue. “The apartments blocks, is a kaleidoscope of life, sampling, a piece of planet.”
“In our buildings, we must learn to protect themselves.” How? Making a first “selection” on the phone. “We choose, without discrimination”, he insists. “And asked references.”
It promises then ever an apartment to someone who visits. Never. Among those who are interested, it will be a different sort. If he has doubts, it requires a deposit, that someone is guarantor of the lease.
Why so much effort? Inter alia, in order to separate the profiles: families in a building, the animals in another, seniors set. “Trying to have a degree of uniformity”, he explains, openly.
If everyone has a dog, nobody can complain about the other. If young children are crying, get up, go to bed around the same time in all the logis of a tower, everyone is happy, according to him.
Anyway, off Gilles Viel, tenants often look for consistency. Pensions, when they arrive, to anyone: “it is you quiet in the block? He replied in the affirmative. “Is that these people here have the right to peace?My answer is Yes.” Therefore, no youth, no family, no students in buildings for the elderly.
Itself boasts of having 6 children and 11 grandchildren. His experience would have however taught him that the tenants of a certain age would prefer a similar neighborhood.
Take or leave
To maintain a pleasant climate, it goes further: “our buildings have regulations. “When it does not please y’a place elsewhere.It is to take or leave.
Examples: no high heels in the hardwood floors housing; question of noise on the neighbor of the bottom head. No rollerblading in the apartment either.
Obligation, too, to close its wake before leaving the housing! A tenant has already forgotten his before heading to Rimouski. It was a device which increased the volume gradually… “I laugh sometimes!
Some conflicts lead however to the Régie du logement. As the young man who didn’t want to step the volume on his favourite music He is finally gone. And had difficulty to find alternative shelter, calling owners Mr. Viel for a reference.
However, mental health records would be heavier. There was this almost perfect woman “at the beginning”, 40 years, beautiful car“It‘s been hell! Bipolar, it changed its locks, met those of its neighbours to glue.
But even if it deploys several strategies to “choose” its tenants, Gilles Viel agrees that problem cases are not numerous. “I believe that 99% of the people are good people.”
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